Qu’a -t-on fait des blessés psychiques de la grande guerre?

France Culture consacre cette semaine dans son émission "la marche des sciences" une longue interview à Louis Crocq, grand spécialiste de l'histoire de la psychiatrie du traumatisme psychique, à l'occasion de la parution de son dernier ouvrage Les traumatismes psychiques de guerre, chez Odile Jacob.

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Au tableau de la grande guerre, la France rendit hommage à ses morts, 1,35 million, et à ses blessés, mutilés que l’on chiffre à 3,6 millions. Et le 11 novembre 1920, on transporta en grande pompe au Panthéon le cercueil du Soldat Inconnu. On honora les morts et on glorifia les survivants, mais comment furent considérés les « blessés psychiques » ?  Comment, dans cette guerre 14-18 autrement surnommée « la grande boucherie », a t-on pris en compte les chocs psychologiques et leurs conséquences ? De quelle façon la psychiatrie de l’époque a t-elle établi un tableau des traumatismes et y a t-elle apporté une réponse ?  En réalité, la grande guerre a oublié ces hommes marqués, souvent à vie, par les horreurs de ce combat, les camarades déchiquetés, les obus et leurs impacts sur le corps humain, la mort environnante au quotidien…. Sans parler de la suspicion qui régnait dans l’armée de la simulation et qui coûta la vie de nombre d’entre eux placés devant un peloton d’exécution !  Ces blessés psychiques furent d’abord méconnus, puis délaissés, et enfin oubliés, laissés pour compte avec leurs blessures invisibles aux yeux des autres.  Grâce au travail de Louis Crocq, retour sur cette histoire de la psychiatrie du front, sur le devenir de ces traumatisés de la guerre, et de la lente reconnaissance des « blessures psychiques » en France.

Avec Louis Crocq, général médecin, psychiatre et professeur de psychiatrie à l'université Paris V. C'est lui qui a mis en place les cellules d'urgence médico-psychologique après l'attentat du RER Saint-Michel en 1995, et il nous livre une histoire de la prise en considération des traumas de guerre, ces "névroses traumatiques" que l'on a mis du temps à comprendre et à soigner.

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